Lui, c'est le général Henri Joseph Eugène Gouraud, le Saigneur de la Syrie (1867-1946), figure importante de l'histoire de la colonisation française, au Mali, en Mauritanie, au Tchad, au Maroc, en Syrie et au Liban.

Un artisan de la colonisation, arrachant le Liban et la Transjordanie à la Syrie, orchestrant massacres, tortures, humiliations ; villages rasés, montagnes incendiées, charniers à profusion.

A Damas sous les bombes, journal d'une Française pendant la révolte syrienne (1924-1926), Alice POULLEAU :

"A la suite de la chute de l Empire Ottoman, en 1918, à la fin de la première guerre mondiale, la France obtient un mandat de protectorat sur le Liban et la Syrie. Dès 1924, des émeutes éclatent en Syrie, lesquelles seront très durement réprimées par l armée française : Damas, la capitale syrienne, est ainsi bombardée durant trois jours...
Le journal de bord d'Alice Poulleau relate ainsi, au jour le jour, durant deux ans, avec quelle indignation, le cycle infernal d'une répression aveugle.
Répression aveugle qui ne peut qu interpeller à moins d un siècle d'intervalle au vu et au su des événements qui secouent le monde arabe et particulièrement la Syrie depuis 2011...
Un récit de voyage et de témoignage qui s'intéresse plus aux « ruines modernes » de la Syrie qu'à celles de son prestigieux passé. Un texte qu il faut absolument redécouvrir comme il faut redécouvrir ce que fut cette « mission » controversée de la France durant son protectorat syro-libanais.

Revenons à Gouraud :
Lors de son entrée à Damas en 1919, il se rend sur le tombeau de Salahuddin Al Ayyubi (Qu'Allah lui accorde Son Paradis), Salahuddin, libérateur de Jérusalem et de la Syrie, lui qui chassa les croisés européens et qui écrasa leur armée à la bataille de Hattin, le 4 Juillet 1187.

Une fois face à son tombeau, il essuya la semelle de ses bottes sur la tombe de Salahuddin Al Ayyubi et lui dit :

« Saladin ! Réveille-toi ! Nous sommes revenus ! »

Au donneur de leçons, il est bon de leur rappeler leur histoire et à nous de ne pas oublier la nôtre.