Un des plus célèbres poèmes de l’histoire ottomane a été écrit par le Sultan Calife Murad III, qui a gouverné sur le califat ottoman entre 1574 et 1595.

Le sultanat de Murad III était plus orienté sur les affaires intérieures à l’Empire que les autres califes qui pour la plupart étaient plus souvent en campagne militaires. 

UMMAHTEE_MURADIII

Il gouverna sur un régime politique empêtré dans les difficultés financières, avec une inflation grandissante causé par un afflux d’argent en provenance du Nouveau Monde. Malgré ces difficultés, il a gouverné en réussissant à améliorer les institutions diplomatiques et militaires de l’Empire Ottoman avant son déclin qui a débuté dans les années qui suivirent.

 

Un exemple de son travail dans l’implication des institutions d’Etat a été son impact sur l’armée et sa modernisation dans l’utilisation d’armes à feu.

Cependant, les troubles financiers résultant de l’effort d’apaisement constant avec les Janissaires et les autres classes, et cette lutte politique ont permis de cimenter son assise comme un chef d’Etat concentré sur son empire. 

 

Ce poème a trouvé son inspiration un jour que le Sultan ne se soit pas réveillé pour la prière de l’aube (fajr)

Eprouvant un immense sentiment de honte et de culpabilité, il écrivit ce célèbre poème, peut être comme une pénitence ou une expiation.

 

Pour un homme avec un aussi grand pouvoir, dans le sens où il gouvernait un empire mondial, ces mots montrent un homme qui avait conscience de son jugement final serait sanctionné par l’Unique; son Créateur.

 

Puisse Allah faire preuve de Miséricorde et pardonne les pêchés du Calife, le chef des croyants et gardien des Deux Mosquées Saintes, le Sultan Murad III. Amin

UMMAHTEE_Murad III türbesi

 

REVEILLEZ VOUS Ô MES YEUX DE VOTRE INSOUCIANCE

Réveillez-vous ô mes yeux de votre insouciance

Réveillez-vous, ô mes yeux lourds de sommeil, réveillez vous

Le dessein d’Azraël est l’âme, croyez moi

Réveillez-vous ô mes yeux de votre insouciance

Réveillez-vous, ô mes yeux lourds de sommeil, réveillez vous

 

Tous les oiseaux se lèvent avant l’aube

Ils commencent à réciter les attributs d’Allah dans leurs propres langues

Les Montagnes, les rochers et les arbres proclament Son Unité

Réveillez-vous ô mes yeux de votre insouciance

Réveillez-vous, ô mes yeux lourds de sommeil, réveillez vous

 

Ils ouvrent les portes des cieux

Ils aspergent l’eau de la Miséricorde sur les croyants

Ils cousent la robe des cieux pour ceux qui se réveillent à l’aube

Réveillez-vous ô mes yeux de votre insouciance

Réveillez-vous, ô mes yeux lourds de sommeil, réveillez vous

 

Ce monde est éphémère, ne sois jamais dupe

Ne te fie pas à la couronne et au trône avec vanité

Ne sois pas assuré en disant : « les sept climats sont miens »

Réveillez-vous ô mes yeux de votre insouciance

Réveillez-vous, ô mes yeux lourds de sommeil, réveillez vous

 

Pardonne moi, ton fidèle serviteur Murat

Excuse mes offenses, mets fin à mes méfaits

Ressuscite-moi sous la bannière du Messager

Réveillez-vous ô mes yeux de votre insouciance

Réveillez-vous, ô mes yeux lourds de sommeil, réveillez vous